Interview de M. Thierry Mariani, candidat Union pour un Mouvement Populaire

2

1) Pouvez-vous vous présenter et nous décrire votre parcours ?

Par où commencer … ? Pour faire simple, je suis originaire du Vaucluse où mon père, d’origine italienne, était artisan dans le bâtiment. J’ai étudié au lycée militaire d’Aix en Provence avant de poursuivre des études en droit international qui m’ont ensuite permis d’intégrer pour quelques temps un grand groupe industriel.

Mais mon engagement politique a vite pris le dessus et j’ai rapidement été élu : conseiller général, puis maire puis conseiller régional. J’ai assumé avec beaucoup de passion et de dévouement ces mandats locaux pour la proximité qu’ils donnent avec ses administrés et j’ai toujours veillé à maintenir ce lien quand j’ai été élu, en 1993, député du Vaucluse.

Réélu député en 1997, 2002 et 2007, j’ai quitté l’Assemblée nationale en novembre 2010 quand Nicolas SARKOZY, que je connais depuis mes 20 ans, et François FILLON m’ont proposé d’entrer au Gouvernement en me confiant le ministère chargé des Transports où je suis resté jusqu’à la semaine dernière.

Si mon engagement pour les habitants du Haut-Vaucluse a été total durant mes mandats successifs, mon investissement en faveur des Français établis hors de France n’est pas nouveau et je suis depuis longtemps convaincu qu’ils méritent d’être considérés non plus comme des Français entièrement à part mais comme des Français à part entière.

J’ai ainsi présidé pendant plusieurs années le groupe d’étude à l’Assemblée nationale sur les Français de l’étranger.

J’ai également fait le choix de m’investir auprès d’eux au sein de ma formation politique (au RPR puis à l’UMP) depuis plus de 12 ans, conscient de l’extraordinaire atout qu’ils représentaient pour la France.

Bref, mon engagement est ancien et c’est ainsi, par exemple, que j’étais intervenu auprès de David DOUILLET pour qu’un bureau de vote soit mis en place à Taiwan.

Mandataire de Nicolas SARKOZY pendant sa campagne en 2007 pour les questions liées aux Français de l’étranger, j’ai porté avec lui la création des 11 nouveaux sièges de députés des Français de l’étranger, parce que nous étions profondément convaincus que les expatriés font partie intégrante de la Nation et que leur voix doit être portée dans le débat national y compris à l’Assemblée nationale. Ces élections législatives représentent l’assurance d’une juste représentation de nos compatriotes au sein de nos institutions, et la garantie que leurs intérêts seront mieux défendus et davantage pris en compte.

2) Etes-vous actuellement «Français de l’étranger» ? La 11ème circonscription est très vaste, comment pensez-vous «entendre» les besoins des Français de cette région, comment pensez-vous les rencontrer si vous êtes élu ?

Pour être efficace dans la défense des intérêts des Français établis hors de France, il est en effet primordial d’être régulièrement en contact direct avec les Français vivant dans les 49 pays de la 11ème circonscription.

C’est ce que je fais depuis de nombreuses années déjà, avant même que l’idée d’élire des députés n’ait vu le jour.

J’ai logiquement à cœur de continuer d’aller à leur rencontre, afin d’échanger avec eux, de me tenir au courant de l’actualité et de l’évolution des problématiques auxquelles ils sont confrontés.

Lors de mes différents voyages, j’ai pu me rendre dans près de 40 pays de la circonscription. J’y suis d’ailleurs en ce moment même, puisque j’ai entamé une tournée de 3 semaines le 12 mai dernier, qui doit prendre fin le 3 juin. Celle-ci m’amènera dans 17 villes de la zone. Je parcourrai ainsi plus de 50 000 km en 3 semaines. Si je suis élu, outre mes nombreux déplacements dans la zone, je m’appuierai aussi sur de nombreux relais locaux et sur les moyens modernes de communication pour rester disponible. Je suis en effet convaincu qu’Internet représente un formidable outil pour échanger.

J’ajoute que, si je suis élu, j’aurai la capacité d’agir immédiatement et efficacement. Je connais tous les rouages de l’Assemblée nationale et je serai opérationnel dès le lendemain de l’élection. Ma présence régulière dans l’hémicycle me permettra de peser de tout mon poids au profit des Français établis hors de France, et me permettra de défendre efficacement les dossiers qui leur tiennent à cœur.

Je souhaite ainsi partager mon temps, chaque mois, entre l’Assemblée et chacun des pays de la 11ème circonscription, pour échanger avec nos concitoyens au sujet de leurs situations et de leurs préoccupations.

Je ne résiderai de manière permanente dans aucun des pays des la 11ème circonscription, c’est vrai, et je ne privilégierai donc aucun pays par rapport à un autre et garderai ainsi le recul nécessaire à la prise de décision juste et à l’efficacité.

Mais il ne faut pas s’y tromper. Les Français établis à l’étranger devront élire en juin prochain leur représentant à l’Assemblée nationale pour les 5 ans à venir. Il ne s’agit ni de désigner un maire ou un conseiller général qui sera présent quotidiennement à leurs côtés mais le député qui saura le mieux faire entendre leur voix au Parlement comme auprès du Gouvernement.

3) Quelle est votre position sur l’impôt des français établis hors de France ?

Je veux être clair : les Français de l’étranger, sous prétexte qu’ils sont éloignés de la métropole ne doivent pas faire l’objet d’une fiscalité d’exception. Je m’opposerai avec force, comme je l’ai déjà fait, à tout projet de fiscalité qui serait de nature à pénaliser les expatriés qui ne sont pas, comme le prétend le Parti socialiste, tous des exilés fiscaux.

La fiscalité applicable aux Français de l’étranger constitue un sujet de clivage politique déterminant. L’obsession du nouveau Ministre du Budget, Jérôme CAHUZAC, qui était jusqu’à présent président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, est d’ailleurs de créer une « contribution de solidarité nationale » pour les Français dont le domicile fiscal est situé hors de France.

Mon principal objectif est donc d’offrir une sécurité juridique aux Français résidant à l’étranger, tout en favorisant le maintien de liens étroits avec la France. Par exemple, pour éviter la double imposition, il est souhaitable de garantir un traitement fiscal équitable avec la négociation de nouveaux accords fiscaux dans les pays qui n’en ont pas et de maintenir et améliorer les accords qui existent déjà avec la plupart des pays pour éviter la double imposition.

4) Soutenez-vous le projet de gratuité des écoles française à l’étranger pour les Français de l’étranger ?

Contrairement au Parti socialiste, je fais de la préservation d’un haut niveau d’aide à la scolarité une de mes priorités. Cette prise en charge (PEC) était une des promesses de Nicolas SARKOZY en 2007 et nous l’avons mise en place.

Le nouveau Ministre des Affaires étrangères Laurent FABIUS a quant à lui affirmé, il y a quelques semaines, que le Gouvernement reviendrait sur cette mesure qui est pourtant une mesure de justice.

Je souhaite pour ma part au contraire étendre progressivement la PEC du lycée aux autres niveaux d’enseignements, et maintenir les crédits destinés aux bourses que Nicolas SARKOZY a déjà doublés en 5 ans. L’extension de la PEC, en plus de garantir un accès égal à l’enseignement, permettra à nos PME, qui n’avaient pas les moyens de prendre en charge les frais de scolarisation des enfants de leurs employés expatriés, de se développer plus facilement à l’international. Pour aller plus loin sur le thème de l’éducation, j’agirai également en faveur de l’accroissement des capacités d’accueil des établissements.

Enfin, pour favoriser la mobilité universitaire, je m’engage à œuvrer pour une meilleure reconnaissance à l’international des diplômes délivrés en France et en faveur d’une meilleure reconnaissance en France des diplômes étrangers.

5) Quelle est votre position sur le récent durcissement des conditions du mariage mixte ?

Je suis contre le mariage blanc et pour le mariage mixte. Aussi, pour éviter le premier, nous devons malheureusement durcir les conditions du second. Cependant, je suis convaincu que nous pouvons travailler à la simplification de certaines démarches pour préserver ces couples qui sont une richesse pour leurs pays respectifs. Je connais les difficultés qu’ils peuvent rencontrer : mon épouse est Russe et nous formons aussi à ce titre un couple mixte.

Je profite de votre question pour vous dire que je m’opposerai également avec force à tout projet de remise en cause de la binationalité.

6) Quelle est votre position sur les lois LOPPSI, HADOPI, ACTA, etc..?

Il s’agit de textes très différents mais qui ont en commun de comporter des avancées majeures en matière de lutte contre la cybercriminalité. Comme je l’ai dit précédemment, je considère qu’internet est un formidable outil de communication mais il ne faut pas, pour autant, en négliger les dangers et donc chercher à l’encadrer et à mieux le contrôler, dans le respect des libertés individuelles.

Ces lois ont donc été votées pour éviter les dérives, car la facilité d’accès à ce moyen de communication peut engendrer de graves délits qu’il faut punir. Cependant, je souhaite qu’elles soient appliquées à bon escient et que le piratage, par exemple, diminue bien davantage grâce à la pédagogie que par la répression. Je constate par exemple un des effets positifs d’HADOPI – que M. HOLLANDE veut réformer ! – : l’offre légale s’est fortement développée. En effet, pour la première fois, l’augmentation des ventes de musique en ligne est supérieure à la baisse des ventes de musique sur support physique.

7) Que souhaitez-vous dire aux Français de Taiwan ?

Je souhaite leur rappeler leur rôle de représentants de la France et de ses valeurs à l’étranger et leur assurer que je m’engage à défendre les propositions qui apporteront des solutions spécifiquement liées à leurs situations et à leurs préoccupations. Je pense en particulier aux problématiques liées à l’expatriation professionnelle, bien que les Français vivant à Taiwan s’y sont établis pour de multiples raisons.

Ils sont une chance pour la France comme pour Taiwan et je compte défendre au mieux leurs intérêts et leurs préoccupations si je suis élu en juin prochain.

Site Internet: http://www.mariani-expats-2012.fr/

zp8497586rq

2 COMMENTS

  1. Le Vaucluse se trouve dans la 11éme circonscription?????? il ne doit pas se trouver une place sur la France alors il s’est dit : »tiens ben je vais aller dans la 11éme ».
    Il en a que foutre d’être des français de l’étranger, il veut juste manger le gateau.

Comments are closed.