Taiwan en mal de compétitivité face à la Corée du Sud, l’autre tigre asiatique

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Selon un article paru sur Asia Sentinel, Taïwan a perdu de sa compétitivité face à la Corée du Sud. Dans les années 80, les deux pays étaient plus ou moins à égalité, mais aujourd’hui, l’île de Taïwan est loin derrière.

Plusieurs raisons à cela. La première semble être l’obstruction de la Chine lorsque Taïwan souhaite établir des relations économiques avec d’autres pays. Pékin, arguant que Taïwan est une province chinoise et ne peut, à ce titre, établir des relations économiques avec des partenaires sans l’aval de la Chine, bloque ou freine toute initiative. Alors que la Corée du Sud possède des accords de libre échange (FTA: Free Trade Agreement) avec l’Europe, les États-Unis, les pays de l’ASEAN, mais aussi l’Inde ou encore le Chili, Taïwan se noie dans son ECFA (Economic Cooperation Framework Agreement) un accord de préférence commerciale qui ne concerne que les relations sino-taïwanaises et en oublierait presque que le monde ne se limite pas à la Chine.

La seconde raison avancée par l’article serait le niveau de corruption important au sein du tissu économique et politique taïwanais. Selon un récent rapport de la Banque Mondiale et suite au classement du « Transparency International’s 2011 Bribe Payers’ Index », une ONG internationale basée à Berlin qui scrute les puissances économiques dans leur capacité à gagner des marchés grâce à la corruption, Taïwan est largement en perte de vitesse face à la Corée, avec laquelle l’île est en compétition directe sur les marchés de l’électronique, de l’acier, des machines, de la pétrochimie, du plastique et du textile. Dans ce classement, Taïwan a perdu 5 places, de 14ème, l’île est aujourd’hui 19ème, au même niveau que l’Inde et la Turquie, alors que la Corée, suite à ses efforts de lutte contre la corruption, a gagné une place, de 14ème à 13ème.

Le président Ma Ying-Jeou a inauguré dernièrement une nouvelle agence de lutte contre la corruption, la « Agency Against Corruption », dont la mission est de lutter contre les pots-de-vins, la corruption de fonctionnaires, … Mais cela n’a pas empêché le développement de nouvelles affaires, comme ces 300 écoles (primaires et collèges) dont les chefs d’établissement auraient favorisé certains prestataires pour les déjeuners des élèves, en échange de pots-de-vins et ce depuis plusieurs années. Ou encore ce « scandale musical » qui concerne le paiement de NTD215 millions (plus de 5 millions d’euros) à la société de Stan Lai (賴聲川), fondateur de « Performance Workshop Theatre » et proche du Kuomintang, pour ses 2 représentations durant les célébrations du 100ème anniversaire de la République de Chine. A noter que Stan Lai avait déjà gagné les appels d’offres pour les Jeux Olympiques des sourds en 2009 à Taipei et l’Exposition Florale Internationale de Taipei en 2010 …

Les accords de libre échange de la Corée du Sud avec l’Europe et les États-Unis n’avantagent pas Taïwan. Et selon Hu Sheng-Cheng, un économiste de la « Academia Sinica » de Taipei, le dernier rapport de la Banque Mondiale et de Transparency International ajoute l’insulte à l’injure. Pour s’en sortir, Taïwan doit très vite se réformer, établir des relations économiques avec d’autres pays, ne pas se contenter de la Chine et surtout lutter contre cette corruption stagnante.

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