Petite introduction à l'armée taiwanaise

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Petite présentation de l'armée taiwanaise, composée par les trois corps d'armée à savoir l'armée de terre, l'armée de l'air et la force navale.

Armée de terre

Les forces terrestres ont longtemps été le parent pauvre de l'armée de Taiwan. Longtemps assuré de la suprématie aérienne et navale face à la Chine, Taiwan estimait que le rôle des forces terrestres serait d'achever d'éventuelles troupes chinoises qui auraient réussis à débarquer sur les plages de l'île, le gros d'une invasion chinoise aurait été détruit dans les airs ou sur mer. De ce fait elles sont encore équipées d'un matériel daté, avec des chars de combat M-60A3, CM-11, CM-12 qui sont en fait des vieux M-48A2 dotés d'une tourelle de M-60A3. Également appelés M-48H Brave Tiger, ils sont entrés en service en 1990 et sont munis d'un canon de 105 millimètres et d'un système d'imagerie thermique et de blindage réactif.

Néanmoins depuis peu une inflexion est entreprise pour remettre les forces terrestres à niveau, et cela en passant notamment par des programmes nationaux. Pour preuve l'entrée en unité des CM-32 Yunpao, développé malgré les pressions américaines qui insistaient pour vendre ses fragiles et coûteux Stryker. Coûtant environ quatre fois moins chers, six-cent Yunpao seraient en service pour remplacer les anciens M-113 et V-150 en service dans les forces terrestres, y compris la police militaire et l'infanterie de Marine. Ce véhicule à huit roues est donné pour pouvoir encaisser des tirs de calibre de 7,62 millimètres et son châssis a été renforcé pour le protéger des détonations de mines. Bien motorisé par un diesel de 410 chevaux, il est réputé fort mobile et est amphibie. Son équipage se compose de trois hommes, ce à quoi s'ajoute une capacité d'emport de six soldats tout équipés. L'armement standard comprend un canon de vingt millimètres en tourelle. Une version munie d'un canon de 105 millimètres fut envisagé mais abandonnée devant les problèmes de suspension provoqués par le recul du canon.

D'importants efforts sont également consentis au niveau de l'artillerie, notamment les systèmes lance-roquettes multiples, à même de saturer les plages ou les côtés de Taiwan. Pour ce faire le LeiTing-2000 a été développé par les arsenaux taïwanais. Il s'agit d'un lance-roquettes modulable monté sur camion Oskosh M-977 pouvant aussi bien utiliser les munitions Mk-15 (117 mms), Mk-30 (180 mms) ou Mk-45 (230 mms) et ne nécessitant qu'un changement de panier roquette pour passer d'un calibre à un autre. Dans tous les cas la désignation en Mark (Mk) désigne la portée de chaque type de roquette et deux types de charges sont disponibles : fragmentation ou explosive unitaire. Le LeiTing-2000 serait de même capable de faire feu en mouvement et passer ainsi d'une plage à une autre. Son avantage par rapport au chenillé américain M-270 serait triple : il coûterait trois fois moins cher à l'achat, serait plus mobile grâce à son châssis de camion et serait d'un entretien plus simple, plus rapide et moins onéreux. Cent-cinquante exemplaires du LeiTing-2000 seraient en service.

L'armement léger est principalement constitué d'armes de conceptions locales produites par le 205 Arsenal. A savoir des pistolets T-95 (version locale du Beretta 92), fusils d'assaut T-91 (en remplacement des anciens T-65) et T-86 (version compacte du T-91), mitrailleuses légères T-75 (Minimi fabriquée sous licence) ou du fusil de précision T-93 (un Remington M-24 redessiné pour s'adapter à la stature des soldats taïwanais). Toutefois il ne s'agit jamais réellement d'armes indigènes à cent pour cent mais de dérivés d'armes existantes ou de fabrication sous licence étrangère. Les arsenaux d'État taïwanais produisent également des munitions pour armes légères. Les cartouches taiwanaises ont déjà été exportées régulièrement, notamment aux Etats-Unis. L'île achète également directement sur étagère des systèmes étrangers comme les lance-roquettes anti-char AT-4, missiles TOW ou des armes légères plus pointue à l'instar du fusil de précision PSG-1 destiné aux unités spéciales.

Malgré des efforts bien réels, les forces terrestres devraient rester à la traîne. Les chars M-1A2 Abrams qui remplaceraient idéalement le parc blindé actuel taïwanais et dont la venue est fréquemment évoquée ne seront vraisemblablement jamais commandés. Peut être trop chers ( 5,3 millions de dollars la pièce selon Dsi), gourmands en carburant (7 litres de diesel au kilomètre) et peut être jugé trop provoquant envers la Chine, les Abrams devraient rester un mirage pour l'armée taïwanaise dont le vieillissement des chars est inquiétant, surtout face à la montée en puissance des productions chinoises dans ce domaine. De même, si un programme de numérisation des forces armées est en cours, seule la Marine et la force aérienne seraient concernées. Néanmoins une partie des troupes terrestres devraient se voir digitalisées et leurs infrastructures réduites et réaménagées, car jugée trop vulnérables à d'éventuelles frappes chinoises. A cela s'ajoute une réforme du commandement, jugé trop rigide et limitant la prise de décisions aux échelons inférieurs, ce qui s'avère préjudiciable à la fluidité des opérations et à la rapidité des prises de décisions.

Force Aérienne

Composante privilégiée de l'armée, l'armée de l'air a toujours été richement dotée grâce à l'appui des Etats-Unis. Taiwan recevra ainsi des F-84 Thunderjet, des F-100 Super Sabre ou des F-104 Starfighter alors que ces appareils entraient tout juste en service dans l'US Air Force. De même Taiwan sera approvisionné en missiles Sidewinder pour faire face à l'aviation chinoise, devenant ainsi le premier utilisateur à déployer ce missile au combat. Toutefois, pour faire face à la versatilité de son alliés, Taiwan a su diversifier ses fournisseurs, notamment en s'adressant à la France pour lui commander soixante Mirage 2000-5 et des missiles air-air MICA, et ce malgré le fait que les Etats-Unis aient acceptés de livrer des chasseurs F-16 , après des négociations difficiles il est vrai.

Taiwan fera toutefois un grand pas en avant en développant son avion de combat national, le F-CK-1 Ching-Kuo, un biréacteur léger. Entré en service à partir de 1994, l'appareil sera toutefois critiqué pour sa sous-motorisation. Une variante améliorée sera présentée en mars 2007 et se distingue par l'intégration de réservoir conformaux conférant une autonomie accrue et la capacité d'effectuer des missions SEAD (Suppression of Ennemy Air Defense) via l'emport du missile antiradar TC-2A. Le Ching-Kuo – du nom du fils du président Chiang Kai-Sek – aura toutefois bénéficié de l'aide américaine pour son avionique et ses moteurs.

La défense anti-aérienne de l'île reste logiquement une priorité pour Taiwan qui déploie de nombreux systèmes de ce types. D'une part les MIM-104 Patriot livrés par les Etats-Unis et dont la variante améliorée PAC-3, commandée, devrait être livrée. Toujours dans les systèmes importés on trouve des Hawks et des Stingers. Taiwan a toutefois développé sa propre famille de systèmes avec le Tien-Kung à guidage radar qui en est actuellement à sa troisième version, le Tien-Kung III. A l'origine développé sur base des Patriot américains, le premier Tien-Kung entre en service à partir de 1993 et possédait une portée maximale de cent kilomètres. La portée sera doublée sur la génération suivante qui sera également munie d'une capacité antibalistique limitée. La troisième version doit disposer de capacité antibalistiques améliorées afin de lui permettre d'intégrer le bouclier anti-missiles prévu par Taiwan.

De même la protection des bases aériennes reste un objectif prioritaires. Renforcées, dissimulées au maximum et fortifiées, elles doivent pouvoir survivre à d'éventuelles frappes chinoises. Des portions de routes ont été spécialement aménagées pour permettre le décollage et l'atterrissage d'avions de chasse en cas de destruction des pistes conventionnelles. Malgré cela, Taiwan souffrirait de réelle faiblesses dans le domaine de radars terrestres, jugés trop vulnérables à des bombardements antiradars.

Force navale

Comme la force terrestre, la branche navale de l'armée taïwanaise semble encaisser durement le vieillissement de ses matériels. Suite à la rapide montée en puissance de son adversaire chinoise, la flotte taïwanaise est passée d'une posture de supériorité technique à celle d'une réelle infériorité. Numérique tout d'abord, et si Taiwan conserve l'avantage de disposer de systèmes plus moderne, la branche navale de l'armée chinoise comble son retard à pas de géant, là où sa rivale taïwanaise stagne dangereusement. En effet les navires alignés par Taiwan sont principalement des bateaux déclassés par les Etats-Unis et partiellement modernisés avant d'être revendus, parfois au prix fort.

Taiwan recevra ainsi des Classes Knox, rebaptisés Chi-Yan. Déjà relativement vétustes au moment de leur livraison, ces navires ne seront jamais modernisés en dépit de ce qui avait été annoncé. A cela s'ajoute quatre Kee-Lung (ex-Kidd), des Cheng-Kung (ex-Oliver Hazard Perry) ou des Chi-Yang (Classe Kox) qui seront eux, améliorés. En ce qui concerne les anciens Kidd, payés sept-cent millions de dollars américains, les Etats-Unis ne fourniront les navires qu'avec seulement la moitié de leur dotation en missiles SM-2. De même Washington refuse toujours la livraison des destroyers Arleigh Burke.

Taiwan consentira toutefois à un important effort avec l'acquisition de frégates françaises Lafayette en 1992 et rebaptisées Kang-Ding. Toutefois la France devant faire face aux pressions chinoises modifiera les navires livrés en dégradant leurs performances : les Kang-Ding ne peuvent utiliser que le missile air-air Sea Chapparal aux performances médiocres (rechargement manuel, capacité de tir uniquement par bonnes conditions météorologiques). Les Kang-Ding seront toutefois « taiwanisés » via l'intégration du missile antinavire de conception locale Hsiung-Feng 2. Mais là encore des difficultés apparaissent : le système de combat français installé sur le navire semble s'accommoder assez mal de ce missile étranger. De même la vente de ces frégates se fera dans des conditions particulièrement douteuses, via pots-de-vin, corruption et autres rétrocommisions, sans oublier des morts suspectes parmi les intervenants de ce qu'on appelle « L'affaire des frégates de Taiwan ».

Plus grave encore, le vieillissement accéléré de la flotte sous-marine composée de deux Hai-Lung, dérivés locaux des Zwaardvis hollandais. Les Pays-Bas auraient du en fournir quatre exemplaires supplémentaires mais se rétracteront sous les pressions chinoises. Quand aux Etats-Unis ils ne produisent plus que des sous-marins à propulsions nucléaires à la technologie inexportable. Il fut un temps question de relancer la fabrication des Barbel, classe à propulsion conventionnelle, mais sa technologie dépassée et le prix de vente proposé, à la limite de l'escroquerie pure et simple, fera reculer Taiwan.

De son côté le Ship Development Center (SDC) installé à Tsoying a mené le programme Kuang-Hua IV, un patrouilleur doté d'un canon de vingt millimètres et de missiles antinavires Hsiung-Feng 2 et capable d'atteindre une vitesse de pointe de trente nœuds. Il pourrait s'agir d'une réplique aux nouveaux catamarans chinois de Type-22 équipés de lanceurs quadruples de missiles YJ-83. Toutefois il semblerait que les Kuang-Hua IV ne soient que des navires de transition et devraient laisser la place à une nouvelle classe de bateaux.

La Marine taïwanaise met également en œuvre des hélicoptères Sikorsky S-70 désignés à Taiwan S-70C-6 Bluehawk. Outre leurs décorations spectaculaire (à laquelle ils doivent leurs surnoms), ils se distinguent par un nombre importants de capteurs embarqués (boule optronique, FLIR, radar météorologique,…) et divers dispositifs les destinant à une utilisation de type Search and Rescue pour le sauvetage en mer comme un projecteur, un treuil, la possibilité d'installer des civières,… Ces dernières versions du Bluehawk n'existent qu'à quatre exemplaires dans la Marine taïwanaise mais leurs prédécesseurs, les S-70C-1, moins bien dotés en équipements embarqués, sont au nombre de quatorze exemplaires.

Police militaire

Élite de l'armée taïwanaise, la police militaire aligne environ 12.000 hommes et est un Corps totalement indépendant des autres branches de l'institution militaire. Doté de tout l'arsenal en service dans l'armée taïwanaise et d'équipement qui lui sont propre – notamment des Humvee, des mortiers ou des pièces d'artillerie – cette véritable armée dans l'armée est chargée :

  • d'une part du maintien de l'ordre dans les casernes,
  • mais aussi de missions anti-terroristes,
  • de défense des bâtiments clés de Taiwan, dont le palais présidentiel,
  • la protection rapprochée du Président et des hautes personnalités locales,
  • de la gestion d'émeutes ou de catastrophes naturelles.

Le service militaire à Taiwan

Actuellement l'armée taïwanaise repose sur un système de conscription concernant tous les hommes à partir de dix-neuf ans. A cet âge, tous les jeunes convoqués doivent se présenter à la préfecture locale de la conscription pour un premier examen qui déterminera le profil de la recrue, son niveau d'éducation, ou des compétences particulières comme la connaissance d'une langue étrangère. Suivra ensuite une visite médicale dans un hôpital qui déterminera le profil physique du candidat : A, B ou C, les deux premiers profils étant aptes au service obligatoire qui aboutira à un service militaire de 16 mois. Ensuite reste à déterminer le Corps dans lequel servira le conscrit, même si dans la majorité des cas il s'agira de la force terrestre, l'armée de l'Air et l'Infanterie de Marine étant au contraire les postes les moins fréquents pour les conscrits. Passé la sélection, la nouvelle recrue se voit assigner une date pour le début de sa formation préparatoire au service après laquelle le service proprement dis démarrera. Une fois le service obligatoire terminé, chaque homme est réserviste jusqu'à l'âge de quarante ans. A noter que ceux qui refusent d'effectuer leur service sans motifs valables où tentent de façon frauduleuse d'en être dispensé sont passibles de poursuites judiciaires.


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