Seediq Bale ou l’histoire d’une rébellion

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Déjà en 2005, Taiwan Mag soutenait Wei Te-sheng pour la réalisation de son projet cinématographique Seediq Bale, qui était alors uniquement au stade de projet, sans le sou, et seule une bande-annonce avait été filmé. Mais depuis, Wei Te-sheng a connu le succès avec son film Cape No.7, une histoire d’amour et d’amitié, filmé à Hengchun et Kenting. Ce film fut un tel succès que les gains rapportés ont permis de financer son plus beau projet, Seediq Bale.

Détails:

  • Réalisateur: Wei Te-Sheng
  • Producteurs: John Woo, Terence Cheng, Jimy Huang
  • Script: Wei Te-Sheng
  • Acteurs: Umin Boya, Landy Wen, Masanobu Ando, Lo Mei-Ling, Landy Wen, Vivian Hsu, Ma Ju-lung, Cheng Chih-Wei
  • Directeur des Arts-Martiaux: Yang Kil-Yong
  • Directeur de la photographie: Chin Ting-Chang
  • Sortie dans les salles taiwanaises: Septembre 2011
  • Site Internet: http://www.seediqbalethemovie.com

Seediq Bale se passe dans les années 30, dans la région de Wushe, à l’est de l’actuel Taichung, et raconte l’histoire de la révolte des Seediq, une branche de la tribu des Atayal, contre les envahisseurs japonais. L’histoire connait plus cette période sous le nom de l’incident de Wushe, 霧社事件. Les aborigènes étaient maltraités et catégorisés comme une sous-classe par l’occupant japonais. Les tribus étaient victimes de réinstallations forcées, d’esclavages, et leurs rîtes traditionnels étaient interdits. Les aborigènes ont toujours été plus ou moins en conflit avec les japonais, mais cette fois-ci, ce fut plus long et surtout plus tragique.

Cette affaire historique eu lieu durant la période la plus paisible de l’occupation japonaise, personne ne s’attendait alors à un soulèvement après plus de 30 ans de colonisation. L’étincelle à l’incident de Wushe fut le comportement d’un officier japonais lors du mariage d’un petit-fils du grand chef Atayal Rudao Bai. L’officier était en patrouille avec une escouade. Ils arrivèrent au village et par politesse, le marié offrit de l’alcool aux japonais afin de trinquer ensemble. L’officier refusa le verre et prétexta qu’il ne prendrait pas le verre venant de « mains souillées par le sang des animaux ». Le marié insista poliment, mais se heurta au comportement hautain de l’officier, qui, pour se dégager de l’endroit, tabassa le marié de plusieurs coups de canne. Une bagarre s’enchaîna entre les membres du clan et les japonais. L’officier fut blessé. Le lendemain, le chef Rudao souhaita s’excuser pour l’incident de la vieille, et pour cela il apporta du vin en cadeau. L’officier blessé refusa le cadeau. Les japonais se montrèrent plus violents envers les aborigènes et dès lors, les relations entre les tribus de la région et les japonais se détériorèrent encore plus, au point de créer un soulèvement.

L’attaque

A l’aube du 27 octobre 1930, le chef Rudao Bai forma une armée de 300 guerriers. Ils attaquèrent les japonais lors d’une compétition sportive qui se tenait dans l’enceinte de l’école élémentaire de Wushe. 134 japonais furent tués, dont beaucoup eurent la tête coupée. 215 autres furent blessés. Les guerriers Atayal attaquèrent par la suite des postes avancés et des casernes, pour se saisir principalement d’armes à feu. Une révolution naissait. Les japonais répliquèrent rapidement. Ils attaquèrent les villages des clans soupçonnés d’avoir participé à la révolte. Ils gazèrent les montagnes et les forêts. Ils firent aussi appel à des tribus rivales, afin de mieux pénétrer dans leur territoire. Acculé dans ses derniers retranchements, le chef Rudao se suicida le 1er décembre, et la révolte fut matée trois semaines plus tard. D’après les chiffres des japonais, 700 Atayal furent tués et décapités à leur tour, ou alors se suicidèrent, 500 autres capitulèrent, mais furent par la suite massacrés par un clan ennemi. 200 survivants furent relogés dans une « réserve », surveillés par les japonais.

Le film raconte l’histoire de ces guerriers, du rêve du grand chef Rudao Bai d’unir les clans Atayal et de vivre en paix. Ils avaient des convictions, des envies de liberté. Ce fut la dernière révolte des aborigènes. Les japonais quittèrent l’île en 1945 et les réfugiés chinois du parti nationaliste s’installèrent, temporairement pensaient-ils. A nouveau, des étrangers dictèrent aux aborigènes comment vivre, faire et ne pas faire. Encore une fois, les traditions furent balayés au profit des rîtes chinois. Encore une fois, d’autres privèrent certains d’une liberté d’exister tels qu’ils sont.

Le film est en 2 parties. La première partie dresse la tableau sur la situation à Taiwan durant l’occupation japonaise et brosse le portrait des différents protagonistes. La deuxième partie est consacrée à la révolte et le massacre des Seediq par les troupes japonaises. Le film sera distribué en Europe via la société Fortissimo Films.

Site officiel du film: http://www.seediqbalethemovie.com/

Plus aller plus loin:

7 COMMENTS

  1. Le film taïwanais pas coproduit par la Chine, proteste Taïwan

    Taïwan a protesté auprès des organisateurs du festival de cinéma de Venise, dont le programme officiel annonçait, de façon erronée, que le film « Seediq Bale » était une coproduction avec la Chine, ont rapporté samedi les médias taïwanais.
    Le film, qui raconte la lutte des tribus indigènes de Taïwan contre les forces japonaises dans les années 1930, et qui est l’un des 22 films en compétition officielle, est une production uniquement taïwanaise, rappelle le Liberty Times …

    La suite sur: http://www.commeaucinema.com/afp/le-film-taiwanais-pas-coproduit-par-la-chine-proteste-taiwan,219393

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