Taiwan Root International Peace Corps

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Fondé en 1995 par le Docteur Chi-Chun Liu, dentiste, le Taiwan Root International Peace Corps est une association sans but lucratif dont l’objectif est de fournir des soins médicaux aux populations défavorisées du monde entier ainsi qu’aux habitants les plus démunis de Taiwan, sans distinction de races, religions, opinions politiques ou autres.

Le nom de Root (Racines, en anglais) fais référence aux bambous qui bordent les chemins parcourus par son personnel lorsqu’il se déplace dans le centre de l’île de Taiwan. Pour mener ses missions à bien, le Taiwan Root compte dans ses rangs des généralistes, des anesthésistes, des dentistes, des obstétriciens-gynécologues, des orthopédistes, des pédiatres, des infirmières, des laborantins et des pharmaciens, tous hautement qualifiés.

A l’origine le groupe travaillait uniquement à Taiwan pour les habitants pauvres du pays comme les aborigènes du centre de l’île, fréquemment touchés par l’alcoolisme, la prostitution juvénile, les maladies,… Encore aujourd’hui ces populations restent en marge du système de soins de santé dont bénéficient les Taïwanais et l’objectif était en plus de les aider dans l’immédiat, de sensibiliser et d’alerter le gouvernement de la situation préoccupante de cette frange de la population. Plusieurs missions d’aides sont ainsi conduites, souvent dans des conditions délicates, le centre de l’île étant difficile d’accès de part sa géographie très montagneuse. En plus des soins médicaux classiques, le corps médical fournis des conseils en matière de prévention, développement des infrastructures sanitaires ou participe à d’éventuelles recherches de survivants en cas de désastres naturels pour permettre aux populations locales de devenir plus indépendantes.

En 1998 le Root International Peace Corps commence ses missions à l’étranger, intervenant dans des régions frappées par des désastres naturels, des famines, guerres parcourant ainsi les camps de réfugiés. Seront ainsi parcourus par le personnel taïwanais la Bolivie, l’Inde, l’Indonésie, le Liberia, la Macédoine, le Paraguay, le Pérou, les Philippines, le Swaziland, le Sri-Lanka, le Cambodge, etc. Ces missions à l’étranger sont également un plus pour la médecine à Taiwan car l’expérience retirée du travail à l’étranger profite directement aux médecins lorsqu’ils reviennent exercer à Taiwan.  Par exemple,  Liang Shih-tsung, 26 ans, orthopédiste à l’Hôpital général des vétérans de Taipei, participe à des missions à Taiwan et à l’étranger depuis le début de ses études de médecine et affirme avoir ainsi acquis une expérience solide, pouvant traiter des cas qu’il n’aurait jamais vus que dans les livres s’il était resté à Taiwan. Au niveau de la recherche ces expéditions profitent également. Ainsi le Taiwan Root Medical Peace Corps a collaboré avec le Centre d’études de parasitologie de l’université de Médecine de Taipei à une recherche sur les maladies tropicales. Des membres de l’équipe ont également participé à des travaux sur le virus de l’immunodéficience humaine et le sida. Certaines recherches sont conduites en partenariat avec des organismes étrangers. Fin 2002, le Taiwan Root Medical Peace Corps a participé à la Conférence des ONG des Nations unies.

S’ajoute à cela un aspect humain jugé tout aussi important malgré des conditions de travail parfois vraiment très dures, comme l’explique le Docteur Shih Liang-feng, anesthésiste dont la première mission se déroula au Libéria. L’équipe travaillait depuis l’aurore jusque tard dans la nuit, l’éclairage étant fourni par un générateur ou les lumières d’un véhicule. C’était la saison sèche, et l’eau était si rare que personne n’a pu se doucher pendant cinq jours. Le Docteur Shih Liang-feng affirme conserver le souvenir de sa première douche à l’eau courante lorsqu’elle fut de retour à Taiwan. « Malgré toutes les difficultés, je me répétais : si nous n’y étions pas allés, qui d’autre l’aurait fait? Lorsque nous avons réalisé que les habitants venaient de loin pour nous consulter, en voyant les longues files d’attente, nous avons eu la confirmation que nous n’étions pas là pour rien. Je devais souvent retenir mes larmes en traitant les patients libériens. Il y avait dans leurs yeux comme une attente, une lueur d’espoir. C’est cette lueur qui est la motivation de nos missions, la raison pour laquelle nous sacrifions notre temps libre et nous payons le voyage de notre poche. »

Les missions humanitaires sont également un excellent moyen d’entretenir des relations diplomatiques et de faire davantage connaître Taiwan au monde entier, que ce soit via l’envoi de personnel ou le don de matériels médicals ou de nourriture. Se pose en effet certaines difficultés d’ordre pratique, Taiwan n’étant pas toujours reconnu au niveau international, entraînant certaines difficultés pratiques en missions à l’étranger. La plupart des médecins regrettent égalemment le peu de temps qui peut être accordé au développement des infrastructures locales. Le Docteur Liu Chi-chun reconnaît cet aspect frustrant des missions courtes. « L’éducation sanitaire et les soins préventifs devraient prendre le pas sur le traitement médical, ce sont les moyens par lesquels nous pouvons rendre ces visites plus utiles. Nous travaillons actuellement à un programme de formation pour des travailleurs sanitaires locaux qui serviraient de relais auprès de la population locale afin qu’elle apprenne les notions de base en matière de soins et d’hygiène de la vie quotidienne. » Ce à quoi s’ajoute les difficultés de financement, hélas habituelles de ce type d’organisation. Toutefois, la bonne volonté et le dévouement des volontaires permettent de surmonter autant que possible ces obstacles.

Site de l’organisme: http://www.taiwanroot.org

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