Taiwan et le sommet sur le changement climatique de Copenhague

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Taiwan ne sera représenté au sommet de Copenhague sur le changement climatique, du 7 au 18 décembre, que par des organisations non gouvernementales, et celles-ci sont listées comme en provenance de Chine, a reconnu le ministre de la Protection de l’environnement Stephen Shen qui déplore que la situation n’ait toujours pas évolué, malgré les protestations de Taipei.

Taiwan, a-t-il assuré, continuera d’essayer d’obtenir que l’île soit traitée à minima de la même façon qu’en mai dernier à l’Assemblée générale de la santé, à laquelle elle a participé en tant qu’observateur sous le nom de « Taipei chinois ».

Hsieh Ying-shih, le président de la Fondation de la protection de la qualité de l’environnement, une organisation basée à Taiwan, a expliqué que celle-ci n’avait pas eu le choix : pour participer au sommet de Copenhague, elle a dû se résoudre à apparaître dans la liste des organisations chinoises – tout comme l’Institut de recherche sur les technologies industrielles (ITRI), d’ailleurs, dont la délégation sera pourtant dirigée par le vice-ministre de la Protection de l’environnement, Chiu Wen-yen.

Le vice-président de l’ITRI, Chu Hsin-sen, a de son côté indiqué que l’institut basé à Hsinchu avait envoyé une lettre de protestation aux organisateurs du sommet, mais qu’il ne pouvait pas se permettre de laisser passer l’occasion de s’exprimer à cette tribune internationale. L’ITRI a prévu de présenter les technologies de recyclage énergétique développées à Taiwan, ainsi que les initiatives prises ici pour ralentir le changement climatique.

Article tiré de: http://taiwaninfo.nat.gov.tw
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Taiwan n’est donc pas du tout listé dans la liste des pays-observateurs, et les 3 ONG sont listés ici http://maindb.unfccc.int/public/ngo.pl sous le pays « Chine »:

– Environmental Quality Protection Foundation (EQPF) Mr. Ying-Shih Hsieh, Taipei, China, (886-2) 2321-1155, (886-2)2327-8280, info.eqpf@msa.hinet.net
– Industrial Technology Research Institute (ITRI) Mr. Wen-Cheng Hu, Hsinchu, China, (886-3) 591-3770, (886-3) 582-0376, vincenthu@itri.org.tw
– Taiwan Institute for Sustainable Energy* (TISE) Mr. Eugene Chien, Taipei, China, (886-2) 2768-2655, (886-2) 2768-7522, TISEccc@gmail.com

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En attendant Copenhague

Du 7 au 18 décembre 2009 a lieu à Copenhague le grand sommet mondial de l’environnement sous l’égide des Nations unies, lors duquel devrait se dessiner un plan d’action qui remplacera le protocole de Kyoto venant à expiration.

On a chaque jour de nouvelles preuves qu’il n’est plus temps de tergiverser, et que nos modèles de développement ont enclenché un cycle dévastateur qui n’épargnera aucun pays. Taiwan a sa part de responsabilité dans cet état de fait, comme le prouve le niveau de ses émissions de gaz à effet de serre. Selon certaines organisations non gouvernementales, l’île serait actuellement au 22e rang mondial en matière d’émissions de gaz carbonique à partir de combustibles fossiles, ce qui s’est traduit par une « empreinte carbone » de 270 millions de tonnes en 2006.

La prise de conscience, si elle est récente, n’en est pas moins réelle. Témoin par exemple la loi adoptée le 12 juin dernier par les députés et qui vise à augmenter d’entre 6 500 et 10 000 MW la quantité d’énergie produite à partir de sources renouvelables d’ici 20 ans. Petit à petit, des mécanismes se mettent en place pour inciter l’industrie à consommer moins de ressources non renouvelables et à produire plus propre. Fin juillet, le gouvernement affinait son programme en annonçant un « plan carbone » pour réduire les émissions de gaz carbonique au plan national de manière à ce qu’elles redescendent au niveau de 2000 d’ici 2025, pour continuer de baisser par la suite. Une « taxe verte » est par ailleurs en projet.

Peut-être l’évaluation de l’impact pour les industries taiwanaises d’une éventuelle généralisation des « taxes carbone » dans les pays vers lesquels elles exportent – en Europe en particulier – explique-t-il en partie la soudaine diligence du gouvernement sur ce dossier. Dans un contexte déjà difficile de recul des exportations du fait de la crise économique mondiale, il n’est pas question pour Taiwan de rester les bras croisés en attendant que ce couperet tombe.

Néanmoins, la nouvelle politique « verte » du gouvernement se heurte déjà aux résistances du patronat. Pour avancer, le gouvernement devra sans doute composer avec des industriels enclins à délocaliser pour abaisser leurs coûts, s’il veut éviter de nouvelles vagues de licenciements. L’électricité reste ici par exemple incroyablement bon marché, de même que le carburant et l’eau, pour ne pas pénaliser les secteurs des semi-conducteurs et de l’optronique, par exemple, mais aussi les consommateurs, dont le pouvoir d’achat a reculé avec la crise. Pour ces raisons, il semble peu probable que la tarification soit profondément revue à la hausse dans un avenir proche.

Pourtant, sur un plan strictement national, il serait suicidaire pour les Taiwanais de ne pas réagir alors qu’ils seront autant concernés que le reste de la planète par les conséquences du changement climatique : des orages et typhons plus violents, la montée du niveau des océans au détriment des plaines côtières densément peuplées et développées, la pénurie d’eau douce, la disparition d’une partie des espèces végétales et animales, la recrudescence des épidémies… une litanie terrible dont on commence à peine à entrevoir les contours.

Les Taiwanais eux-mêmes doivent, au plan individuel, faire des efforts et adopter des modes de vie plus respectueux de l’environnement : repenser leurs habitudes de consommation, utiliser davantage les transports en commun et économiser l’énergie.

Une fois de plus, d’ailleurs, l’île doit tracer sa voie seule, puisque, n’étant pas membre des Nations unies, elle ne sera pas associée aux travaux de la conférence de Copenhague. Une des conséquences de cette mise à l’écart systématique est le manque de données concernant Taiwan, les grandes organisations internationales ne prenant en compte que celles fournies par la Chine et censées – faussement – englober l’île. Si le monde est sérieux dans son désir de faire face au changement climatique, alors, comme pour la lutte contre les épidémies avec l’Organisation mondiale de la santé, il lui faudra faire une place à Taiwan à Copenhague.

Article tiré de: http://taiwanauj.nat.gov.tw Date de publication: 1/8/2009

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On en parle sur le forum de Taiwan Mag: http://forum.taiwanmag.net/viewtopic.php?f=10&t=988

1 COMMENT

  1. Une bien lourde déception alors qu’on en attendait tellement de ce sommet. Malgré toute sa bonne volonté, supersarko n’a rien pu faire. Il faut dire que les pays émergents tel que la chine ont pourri le sommet. D’un coté, on ne peut le leur reprocher : Les occidentaux sont responsables du désastre écologique actuel et on leur demande d’en payer les frais. Mais ces derniers préfèrent rattraper leur retard … Au final, l’utopie se termine sur un accord de vitrine. AU moins cet échec fera date, et on espère qu’à l’avenir on se souviendra de ce « désastre » comme expérience.

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