Ballade chez les singes

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Nous étions nous promener dans les montagnes, vers le village de Nanhua, et nous avons fait une petite ballade sur le trek de la montagne Wushan (烏山風景區) Nous sommes passés voir notre ami « Papy Lin » ou encore « Miro Yèyè » (林先生) le protecteur des singes macaques vivant dans la région.

Le Macaque Formosan (Macaca Cyclopis) est une espèce endémique à Taiwan. C’est aujourd’hui une espèce protégée et il y en aurait plus de 250 000 à travers l’île. Ces singes vivaient aussi en plaine, mais avec le développement industriel qu’à connu la côte ouest, ils se sont réfugiés plus loin dans les montagnes. Pour les gens de Kaohsiung, il y a une colonie qui vit dans le mont Chai, surplombant l’université Sun Yat-Sen, d’ailleurs ils s’aventurent jusque dans le campus et viennet visiter les chambres et salles de cours. Il y en aussi dans les montagnes de Taitung, d’Alishan, de Yushan, de Taichung, de Kaohsiung et de Tainan.

Vue sur la vallée de Nanhua

Donc, on arrive. Un peu de monde, des familles avec des enfants. Papy Lin est là, assis dans son fauteuil, sous sa bicoque qui sert aussi d’entrée à la réserve. Il y vend du miel, des prunes séchées, du jus de prune, des patates douces et autres merveilles que nos papilles d’occidentaux apprécieront. On peut aussi acheter des bananes, des papayes et des cachuètes (50NT) qui raviront les macaques qui y vivent en toute liberté. Les mauvaises langues diront que le site est devenu commercial et que c’est comme partout. Et ben non, c’est pas comme partout !

Papy Lin a commencé à s’intéresser aux singes de sa région natale vers 1986. Il comprenait que les cultivateurs et producteurs du coin soient en conflit avec les singes, car ces derniers venaient piquer les fruits et autres récoltes que les paysans plantaient et récoltaient. A l’époque, on trouvait souvent des cadavres et leur nombre diminuait d’année en année. Papy Lin se disait qu’il fallait trouver un moyen pour protéger les primates, mais aussi les récoltes des gens du coin. Il a donc décidé de créer une réserve. Pour ce faire, il a acheté les terres alentours sur lesquelles étaient fixés les macaques, donnant un dédommagement aux paysans. Il s’était endetté pour plusieurs années. Il a débroussaillé les anciennes pistes et en a goudronné une petite partie. Il n’y a pas de droit d’entrée, et l’argent récolté via ses ventes servent donc à financer l’entretien de la réserve et à rembourser ses dettes. Un sacré Monsieur ce « Papy Lin » !

Une femelle et ses deux petits

La partie goudronnée est longue d’environ 300 mètres. Attention ça grimpe sec. Ensuite, c’est le chemin de terre. C’est là que commence vraiment le trek. La plupart des visiteurs pas vraiment aventurier s’arrête là et rebrousse chemin. A son sommet, à 800 mètres d’altitude, on a une superbe vue sur les montagnes de Nanhua et de Yujing, et une autre sur la vallée de Chishan. Parfois, des singes vous accompagneront tout le long du chemin. Vous y verrez des femelles avec leur bébé agrippé sous le ventre. Le roi des singes (y’a aussi une hiérarchie) est très souvent localisé à l’entrée, près de la bicoque. C’est à lui qu’il faudra donner en premier une banane ou une papaye, sinon, il ne sera pas content assure Papy Lin. Vous croiserez certainement quelques singes avec un bras ou une patte coupé, ces galopins auront essayé à leur dépend de chaparder sur d’autres terres occupées par les humains et auront très certainement été « macheté » Heureusement, ces accidents sont de plus en plus rare, non pas que les singes ne chapardent plus, mais les cultivateurs de la région ont compris l’attrait pécunier que ces singes pourraient leur apporter. Il y a pas mal de touristes qui viennent voir les singes et ils en profitent pour visiter la région. Les habitants ont alors ouvert des cafés et des petits hostels, ayant ainsi un nouveau revenu, gagné grâce aux ennemis d’antan.

Le Masa Café

Après la petite ballade, direction Yujing, la capitale des mangues, et la montagne Hushantou. On s’arrête dans notre habituel lieu de chute, le Masa Café, avec vue imprenable sur la vallée de Nansi et la rivière Tsengwen. On commande tous une glace à la mangue et on déguste, assis confortablement dans nos sièges, à admirer la vallée et ses montagnes.

Sur le chemin du retour, on décide de s’arrêter manger un de ces fameux poulets fermiers rôti au feu de bois qui font la fierté des membres de la tribu des Siraya du coin. On n’a pas regretté. Je ne sais pas si vous avez déjà mangé du poulet à Taiwan, attention, je ne parle pas de ces cuisses de poulets sans saveur du KFC et autres « bien-dang » (boîte-repas) Ici, c’est du vrai poulet, élevé à maturité et rôti juste comme il faut. On s’installe à la petite table pas très proprète mais on s’en fiche pas mal, car on pense déjà au poulet qu’on va se faire, et notre hôte nous découpe donc le poulet entier, nous offre des gants pour pas se salir les mains, et vas-y que je le serve sur un grand plateau avec toutes les parties du corps: la tête, les pattes, le cul, tout, et un peu de poivre-sel à côté. Un délice. Promis, si y’en a qui sont intéressé, je vous y emmène. Le poulet est en général à 300-350NT, on accepte jusqu’à 400NT, mais pas plus, on est pas des touristes non-plus hein ! Si le poulet vous tente pas trop, y propose aussi du « cochon de montagne » à comprendre du sanglier sauvage, il est excellent, accompagné de riz sauté, de plantes vertes de la montagne que je ne sais plus comment ça s’appelle et une bonne bière locale bien fraîche, y’a pas photos, c’est un grand moment de plaisir.

Pour aller plus loin:

http://163.26.9.13/trip/pt174.htm
http://www.chinapost.com.tw/travel/taiwan-south/tainan/2006/08/10/87596/p1/Wu-Shan.htm
http://web1.tainan.gov.tw/english/CP/11813/Nanhua-1.aspx
http://www.tatalag.org.tw/
http://en.wikipedia.org/wiki/Siraya_people
http://info.taiwan.net.tw/NSA2006/0717/siraya/eng/e1.html
http://masacafe.net/home.html

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