Rencontre fascinante avec une meute sauvage de chiens de Taiwan

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Le chien de Taiwan, 台灣犬, est une race à part entière dont la place et l’histoire au sein de l’écosystème taiwanais s’apparente à celui du dingo australien. C’est un chien de type primitif dont les ancêtres originaires d’Asie du Sud Est sont arrivés à Taiwan en même temps que les premières populations humaines.

Les aborigènes se servent des mâles généralement castrés pour la chasse. La castration des mâles m’a été expliquée par un Taiwanais de la tribu Bunon comme étant un moyen de s’assurer la fidélité des mâles qui sans cela risquerait de divaguer notamment lors de la période des chaleurs.

Etant le produit d’une sélection naturelle et non pas le fruit d’artificiels croisements consanguins sélectifs le chien de Taiwan est une race extrêmement robuste jouissant d’une excellente santé et exempt de tare génétique. Notons toutefois que depuis les années 80 certains passionnés ont entamé un programme de sélection afin d’éviter la perte des caractéristiques de cette race tendant à disparaître en raison d’hybridations avec d’autres races exotiques arrivées plus récemment sur l’île.

Bien que le risque de perte de cette race en raison de croisements soit réel on peut néanmoins encore rencontrer dans les montagnes aux abords des villes des meutes à demi sauvages exclusivement composées -du moins en apparence- de chien de Taiwan, comme si cette race tendait à ne pas se mélanger avec les autres chiens errants appartenant à d’autres races. Peut être que l’adaptation du chien de Taiwan à la vie dans la forêt l’isole des autres races de chiens errants qui eux semblent plutôt rester cantonnés en milieu urbain plutôt que de chercher refuge dans la forêt…juste une hypothèse.

Un des chiens de la meute prise en photo avait un piège à mâchoire accroché à une de ses pattes avant. J’aurais tellement aimé pouvoir lui décrocher cette saloperie! Mais bien entendu ces chiens ne se laissent pas approcher! Certes un malade mentale de mon envergure est tout à fait apte à capturer à main nue une telle créature d’autant que la bête en question était ralentie par le piège et pouvait être suivie par les cliquetis de la chaîne, ce que j’ai essayé dans un premier temps, mais le sympathique et rationnel avertissement d’un paysan me rappelant gentiment qu’il s’agissait de chiens sauvages, ainsi que la perspective de plusieurs heures de course poursuite dans la forêt dense, les inévitables morsures de la bête capturée, le risque d’une attaque de la meute entière venant en aide à un membre en détresse…tout ceci m’a fort heureusement ramené à la raison!

Avec l’aimable participation de Franck de Taiwan http://taiwannature.canalblog.com/

Certainement la plus ancienne photo connue de cet animal, qui se trouve être sans doute aussi la plus ancienne photo de Formose, par John Thomson, en avril 1871 dans les montagnes vers LiuGui. Couverture du catalogue de l'exposition, en 2006, organisée par la librairie le Pigeonnier, lors du Salon international du livre de Taipei. L'ensemble des photos exposées, avec le texte de J.T., figure également dans le n° 12 de la revue MC. Avec l'aimable participation de René Vienet

1 COMMENT

  1. Merci pour cet article. J’ai déjà eu un chien de Taïwan chez moi et depuis qu’il était tout petit. On l’appelait Siao-Hei, « petite noire ». Elle était très bonne pour garder la maison, elle aboyait dès qu’un étranger s’approchait. Elle pouvait aussi faire des sauts impressionnants !
    Elle était forte, pas de doute, pas de nature à toujours obéir, mais elle n’a jamais mordu. On n’a pas eu le temps de la former. On a dû la donner à une personne de notre entourage pour vivre en grande nature et pour que les voisins arrogants arrêtent de se plaindre de son bruit et de ses visites innofensives dans leur cour.
    Malheureusement, quelques mois plus tard, on a appris que Siao-Hei a été morte parce qu’elle avait mangé des pesticides que des agriculteurs avaient planté dans la terre…Triste sort pour une belle chienne de même pas 2 ans…. J’ai appris que le chien noir de Taïwan a des bonnes chances d’être classé chien de race. De race ou pas, ils sont aimables, sympathiques et valent la peine de vivre avec eux.

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