Wu Shu-jen plaide coupable dans l’affaire des fonds spéciaux de la Présidence

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Lors d’une audience préliminaire hier après-midi devant le Tribunal de Taipei, Wu Shu-jen, l’épouse de l’ancien président de la République Chen Shui-bian, a plaidé coupable de faux et usage de faux, dans l’affaire des fonds spéciaux de la Présidence. Elle a par contre rejeté les accusations de corruption, détournement de fonds et blanchiment formulées contre elle dans trois autres affaires, pour lesquelles elle a été inculpée le 12 décembre dernier en même temps que son époux.

L’ancienne Première dame a reconnu avoir collecté des factures pour justifier l’utilisation d’un total de 14,8 millions de dollars taiwanais provenant d’un fonds d’Etat placé alors sous la responsabilité de Chen Shui-bian. « Je suis coupable de faux, mais pas de corruption », a-t-elle déclaré au président du tribunal.

Soupçonnée d’avoir touché 400 millions de dollars taiwanais de pots-de-vin lors de la vente au gouvernement, en 2004, d’un terrain à Lungtan, dans le district de Taoyuan, Wu Shu-jen a nié tout trafic d’influence. Elle a uniquement reconnu avoir accepté une « contribution politique » de 200 millions de dollars taiwanais de Jeffrey Koo, ancien vice-président de Chinatrust Financial Holdings et neveu du propriétaire du terrain, Leslie Koo, le président de Taiwan Cement. Chen Shui-bian n’était pas au courant de ce don, a-t-elle affirmé.

Dans l’affaire du Hall des expositions de Nangang, Wu Shu-jen a admis avoir reçu une somme de 2,2 millions de dollars américains (et non 2,73 millions comme indiqué dans l’acte d’accusation) de la part de Kuo Chuan-ching, le PDG de Rich Development, la société qui avait obtenu le contrat pour la construction de cet équipement.

L’ancienne Première dame a confirmé que ces sommes, qu’elle assimile à des dons récoltés en période électorale, ont été déposées par ses proches sur des comptes en banque à l’étranger. Au total, les procureurs estiment que plus de 20 millions de dollars américains ont ainsi été blanchis.

D’après Wu Shu-jen, il ne s’agit en aucun cas d’argent public. Elle a par ailleurs affirmé que Chen Shui-bian n’avait pas connaissance de la manière dont elle gérait l’argent du ménage.

« Je n’aurais pas dû me mêler de toutes ces choses », a déclaré Wu Shu-jen à sa sortie du tribunal, qui a dit regretter les torts causés à ses proches et aux collaborateurs de son époux.

C’était la première comparution de Wu Shu-jen depuis le 15 décembre 2006, date à laquelle elle s’était évanouie lors d’une suspension d’audience. Elle ne s’était pas rendue aux 17 convocations suivantes, pour raisons médicales. Tenant compte de l’état de santé de la prévenue, le Tribunal a reporté au 3 mars la prochaine audience, initialement prévue pour aujourd’hui.

Avec Taiwan Info

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