Le Pacifique, colonie taïwanaise

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© taipics.com

De Madagascar à la Polynésie et jusqu’à la lointaine île de Pâques, on parle des langues du groupe austronésien. Comment expliquer l’apparentement de ces idiomes, sur une si vaste étendue ? Où trouver leur origine commune ? Deux études, récemment publiées dans la revue Science, donnent la réponse. Les ancêtres de toutes les populations du vaste domaine austronésien étaient établis sur l’île de Taïwan il y a quelque cinquante siècles et ont essaimé d’île en île, en plusieurs vagues migratoires…

L’élégance du résultat est qu’il est issu de deux méthodes très différentes. La première est une analyse de linguistique comparative ; la seconde repose sur la variabilité génétique d’Helicobacter pylori – la bactérie responsable de l’ulcère gastrique, qui est demeurée étroitement associée à Homo sapiens au cours de toutes ses migrations.

Dans leurs travaux, Russell Gray (université d’Auckland, Nouvelle-Zélande) et ses coauteurs se sont fondés sur le vocabulaire de 400 de ces langues austronésiennes. En utilisant des méthodes d’analyse statistique issues de la biologie, ils ont comparé ces lexiques pour bâtir un arbre généalogique de cette famille de langues. La construction de cette phylogénie dresse un scénario de migrations extrêmement détaillé. La langue à l’origine de tous les idiomes austronésiens était ainsi parlée, il y a environ 5 200 ans, à Taïwan.

De là, ses locuteurs se sont dispersés en plusieurs « pulsations » – et non graduellement, comme on pouvait le penser jusqu’alors. Ces phases migratoires successives se sont poursuivies après le Ve siècle de notre ère, pour parvenir jusqu’à la Polynésie centrale et orientale.

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