Alors que le président de la République française Nicolas Sarkozy a rencontré le dalaï-lama samedi à Gdansk, en Pologne, l’éventualité d’un déplacement à Taiwan du leader religieux tibétain divise ici la classe politique. La position du président de la République Ma Ying-jeou, qui a déclaré mercredi qu’une telle visite serait inopportune dans l’immédiat, a fait l’objet vendredi de sévères critiques de l’opposition.

« J’ai toujours eu du mal à comprendre comment certains pays pouvaient soutenir la Chine dans son oppression de Taiwan, et voilà que maintenant Taiwan coopère avec la Chine pour opprimer le Tibet », a jugé Tsai Ing-wen, la présidente du Parti démocrate-progressiste (DPP), ajoutant qu’un président « devrait incarner les valeurs de son peuple. »

Cheng Wen-tsang, le porte-parole du DPP, a par ailleurs annoncé une concertation avec différents groupes religieux pour faciliter la venue à Taiwan du chef spirituel tibétain. La députée Kuan Bi-ling a aussi précisé que le groupe parlementaire DPP allait appeler chaque Taiwanais à écrire personnellement à la Fondation religieuse tibétaine de Sa Sainteté le dalaï-lama, à Taipei.

Recevant vendredi une délégation de parlementaires italiens, Ma Ying-jeou a réitéré que, bien qu’une telle visite n’est pas opportune actuellement, le dalaï-lama sera chaleureusement accueilli à Taiwan, le moment venu. « La République de Chine est un pays où la liberté de croyance est absolue et c’est pourquoi les chefs religieux du monde entier y sont les bienvenus », a-t-il ajouté.

Kao Shih-po, le ministre des Affaires mongoles et tibétaines, a souligné qu’il s’agit là d’un sujet sensible, car « où qu’il aille, le chef spirituel tibétain suscite de fortes inquiétudes à Pékin. »

Le dalaï-lama avait été reçu dans l’île par les présidents de la République Lee Teng-hui, en 1997, et Chen Shui-bian, 2001.

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