Les autorités ont installé des symboles du patrimoine mondial autour du temple de Preah Vihear, et ont à nouveau accusé les Thaïlandais d’avoir endommagé le site.

Les drapeaux du Cambodge, de l’Unesco et du Patrimoine mondial ont été hissés autour du temple de Preah Vihear, au cours d’une cérémonie qui s’est tenue vendredi 7 novembre, quatre mois jour pour jour après l’inscription du site sur la liste du Patrimoine mondial.

Après une cérémonie religieuse, Ty Yav, président de l’autorité nationale de Preah Vihear, Chuch Phoeung, secrétaire d’État à la culture et Tan Theany, secrétaire générale de la Commission nationale du Cambodge pour l’Unesco, ont hissé les trois drapeaux en présence des journalistes.

« Nous sommes très concernés par la sécurité du temple, qui est menacée par la présence militaire thaïlandaise. Nous avons le devoir de protéger le site, qui se trouve sur notre territoire, et qui appartient au monde entier depuis que l’Unesco l’a classé au patrimoine mondial », a estimé Phai Siphan, porte-parole du Conseil des ministres.

Ce dernier a également montré aux journalistes présents les impacts de balle et les éclats de grenade ayant abîmé le temple au cours de l’accrochage du 15 octobre, qui a provoqué la mort d’un Thaïlandais et de trois Cambodgiens, selon les bilans officiels de l’affrontement.

L’idée d’adresser une plainte formelle auprès de l’instance onusienne n’a pas été évoquée lors de la conférence de presse. « Nous allons établir un rapport que nous enverrons à l’Unesco », s’est contenté d’annoncer Phai Siphan au sujet d’un impact de grenade M-79 repéré au pied du temple.

Interrogé sur le risque éventuel que la présence d’hommes en uniforme sur le site fait courir en cas de nouvel accrochage, Phai Siphan a rejeté l’argument : « Nous sommes indépendants et souverains, c’est notre devoir de protéger le temple. »

Le porte-parole du Conseil des ministres n’a pas indiqué si le Cambodge envisageait de demander à l’Unesco de placer le temple sous « surveillance renforcée », un mécanisme qui prévoit l’envoi d’experts du patrimoine mondial, chargés d’alerter l’instance onusienne en cas de menace.

Interrogé sur l’absence d’officiels thaïlandais à cette cérémonie, Phai Siphan a indiqué : « En décembre, une plaque notifiant l’appartenance du site au patrimoine mondial sera posée. Les Thaïlandais seront les bienvenus. »

« Nous n’avons pas besoin d’inviter les Thaïlandais pour l’instant, a renchéri Tan Theany. Nous plaçons des drapeaux et des panneaux afin qu’ils comprennent bien que ce site est protégé. »

Une séance de négociations avec la partie thaïlandaise sur la question frontalière devrait se dérouler entre les 10 et 12 novembre à Siem Reap.

De son côté, le directeur général adjoint de l’organisme de déminage C-MAC, Heng Rattana, a critiqué la Thaïlande, qui a accusé le Cambodge d’avoir miné la zone frontalière, provoquant un grave accident le 6 octobre. « Plus de 10 000 engins explosifs ont été désamorcés par le Cambodge dans la zone de Preah Vihear », a-t-il rappelé, en gage de la bonne foi des autorités cambodgiennes.

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