7 mois après avoir quitté ses fonctions de Président de la République de Chine, Chen Shui-Bian (陳水扁) est aujourd’hui en prison dans le cadre de l’enquête pour des faits présumés de corruption qui le concerne lui, son épouse, son fils et d’autres proche du président.

Mardi 11 novembre, après plus de 7 heures d’interrogatoires, les prosécuteurs demandent l’incarcération de Chen Shui-Bian. La demande est accepté par le juge de la Haute Cour de Justice.
Après un passage à l’hopital pour un petit examen, Chen Shui-Bian est emmené au petit matin, menotté, à la prison.

Cette arrestation tombe rapidement, trop pour certains qui y voit une volonté du gouvernement Ma Ying-Jeou d’apaiser et de rassurer Pékin après une semaine très agitée, lors la visite de Chen Yun-Lin.
Pékin a fait savoir que plusieurs visites prévus par des officiels chinois ont été annulés pour protester contre la manière dont le DPP a manifesté la semaine dernière.

Mais au-delà de la polémique, de quoi l’accuse-t-on ?

L’accusation:

1) Détournement de fonds: 14.8 millions de Nouveaux Dollars Taiwanais (360.000 euros) provenant des fonds secrets alloués au président, durant ces 8 années de mandat.
Son épouse, Wu Shu-Jen, est également poursuivie dans cette affaire car c’est elle qui aurait été la bénéficiaire de ces 14.8 millions en utilisant de faux recus et autres factures qu’elles auraient fait passer pour des  »frais professionnels » et se serait donc remboursé sur ces fonds secrets.
Ces fonds secrets permettent le financement des relations diplomatiques entre Taiwan et d’autres pays. Ils serviraient entre autre à payer des chefs d’états ou des intermédiaires pour qu’ils acceptent d’avoir des relations diplomatiques officielles avec Taiwan (ROC) Ces fonds existaient déjà sous l’ère de Chang Kai-Shek et étaient utilisés par tous les présidents.

2) Corruption: 691 millions de Nouveaux Dollars Taiwanais (16 millions d’euros) donnés en cadeaux par des hommes d’affaires taiwanais en échange de l’aide présidentielle dans plusieurs projets de constructions ou d’affaires.

Les preuves de l’accusation:

Mis à part les relevés bancaires fournis par la justice suisse, aucune preuve affirmant que ces sommes proviennent de corruption n’a été présenté pour l’instant, malgré les affirmations des juges d’instructions qui affirment en détenir.

Les personnes impliquées:

Son épouse: elle aurait viré ces sommes d’argent sur des comptes à l’étranger appartenant à son fils, à sa belle-fille et à d’autres proches. Son frère l’aurait aidé des ses démarches, il est aussi poursuivi.

D’anciens proches de Chen Shui-Bian sont également accusés de complicité: l’ancien comptable présidentiel Chen Cheng-Hui, l’ancien directeur du cabinet présidentiel Lin Teh-Hsun et l’ancien secrétaire présidentiel Ma Yung-Cheng.

Yeh Sheng-Mao, l’ancien directeur du Bureau d’Investigation (le FBI taiwanais) aurait aidé le président en l’informant d’un rapport rédigé par l’organisation de lutte contre la corruptionn Egmont Group, impliquant des sommes d’argent virées sur des comptes bancaires en Suisse et appartenant à des proches de Chen Shui-Bian.
Ce rapport n’accuse pas le président de corruption, il met simplement en avant que de grosses sommes d’argent ont été virés sur des comptes en Suisse.

Le tournant de cette affaire:

En août 2008, Chen Shui-Bian reconnait que des sommes d’argent ont été virés sur des comptes en Suisse. Pour se défendre, il affirme que ces sommes sont des « restes » des fonds de ses différentes campagnes électorales (municipale de Taipei en 1994 et présidentielles en 2000 et 2004)
Il affirme également que sa femme a procédé aux virements sans l’en avoir informé.

L’arrestation:

Le 11 novembre 2008, après 7 heures d’interrogatoires, les prosécuteurs demande la mise en détention de Chen Shui-Bian. Le juge accepte. Chen Shui-Bian est arrêté et conduit en prison. C’est le premier président de la République de Chine a se retrouver derrière les barreaux.
A sa sortie du bureau du juge, et devant les caméras de télévision, il clame son innocence et affirme être la victime de Ma Ying-Jeou qui permettrait avec cette arrestation un certain apaisement de Pékin après les émeutes lors de la visite de Chen Yun-Lin.
Chen Shui-Bian a également affirmé: « Je vais à la Bastille Taiwanaise. Ils peuvent m’emprisonner physiquement mais ils ne pourront controler mon esprit »

Et maintenant:

L’accusation va devoir prouver que Chen Shui-Bian a bien été corrompu en acceptant ces millions de dollars. Ou alors, s’il est prouvé que ces sommes sont les restes de ces campagnes électorales, il sera accusé de fraude fiscale pour ne les avoir pas révélé.
Pour résumé, ce sera soit 9,670NT$ d’amende, soit jusqu’à 7 ans de prison.

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