Le mouvement de contestation étudiante s’étend

3

Plusieurs petits groupes d’étudiants ont démarré des sit-in sur leurs campus à travers l’île afin d’apporter leur soutien à leurs camarades qui manifestent à Taipei pour l’abolition de la Loi sur les défilés et les rassemblements.

Ces jeunes protestent également contre la façon dont ils ont été traités alors qu’ils s’étaient massés aux abords de l’hôtel où était reçu Chen Yunlin, le responsable chinois venu signer des accords techniques et commerciaux au nom de Pékin la semaine dernière.

La contestation a tourné à l’émeute vendredi soir, lorsque les forces de l’ordre ont dispersé les quelque 400 manifestants qui s’étaient rassemblés sans en avoir l’autorisation devant le siège du gouvernement. Ceux-ci ont été évacués dans des véhicules de la police vers l’esplanade de la Liberté, devant le mémorial dédié à Tchang Kaï-shek.

Les étudiants, qui revendiquent l’héritage de la génération qui s’est battue pour la démocratie dans les années 70-80, estiment que la Loi sur les défilés et les rassemblements est contraire aux valeurs de la démocratie et doit être abolie.

La porte-parole du gouvernement, Vanessa Shih, a assuré que la voix des étudiants contestataires avait été entendue, mais insisté sur le fait que, dans une société démocratique, chacun doit exprimer son point de vue dans le respect de la loi.

Les étudiants auraient dû demander l’autorisation de manifester avant de se rassembler devant le Yuan exécutif ou bien utiliser d’autres voies légales pour demander le soutien des parlementaires à leur combat.

Selon le député Kuomintang (KMT) Chang Shou-wen, une proposition d’amendement introduite par le groupe parlementaire de son parti prévoit le remplacement de l’obligation pour les manifestants d’obtenir une autorisation préalable par celle d’informer les autorités uniquement. Le texte supprimerait aussi l’existence des zones interdites aux rassemblements.

Néanmoins, la priorité étant, pour la session en cours, le vote du budget, cette proposition d’amendement ne devrait pas être discutée avant la session du printemps, a noté son collègue Wu Yu-sheng.

3 COMMENTS

  1. « Selon le député Kuomintang (KMT) Chang Shou-wen, une proposition d’amendement introduite par le groupe parlementaire de son parti prévoit le remplacement de l’obligation pour les manifestants d’obtenir une autorisation préalable par celle d’informer les autorités uniquement. Le texte supprimerait aussi l’existence des zones interdites aux rassemblements. »

    Point qui me semble à priori logique, n’est-ce pas déjà comme ça en France ? D’ailleurs, sommes-nous obligés de prévenir le gouvernement en France avant une manifestation ?

  2. D’après Wikipédia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifestations

    « Néanmoins en France les associations qui souhaitent manifester doivent déposer une demande d’autorisation préalable, en indiquant notamment le parcours précis (sur une carte A3 dans la plupart des préfectures) et les horaires de convocation et de dispersion de la manifestation. Les autorités peuvent interdire une manifestation si elles la jugent propre à troubler l’ordre public ou si ses mots d’ordre sont contraires à la loi.

    De même, toujours en France, en vertu de l’article 431-3 du Code Pénal, « tout attroupement ou rassemblement sur la voie publique ou dans un lieu public » qui pourrait porter atteinte à l’ordre public peut être dispersé par la force, après les sommations d’usage. Appeler à une manifestation non autorisée est considéré comme un délit. »

Comments are closed.