Histoire de Taiwan

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Les premiers habitants de Taiwan n’ont pas laissé de traces écrites de leurs origines, mais les historiens estiment que plus de 70,000 individus peuplaient l’île avant l’arrivée des européeens. Il existait même un royaume, le royaume de Middag, dans la région de l’actuel Taichung. Les recherches anthropologiques laissent penser que les indigènes de Taiwan étaient des proto-malaisiens. Ces grandes tribus Aborigènes et un bon nombre de Chinois venus du continent étaient déjà présents à Taiwan lorsque les Europeens arrivèrent pour la premiere fois en 1590.

Lorsque les navigateurs portugais firent voile en direction de Taiwan, ils furent frappés par l’extraordinaire beauté de cette île aux montagnes vertes surplombant les eaux bleu cobalt du Pacifique. Ils l’appelèrent « Ilha Formosa », « Belle ile », et c’est sous ce nom que Taiwan a été connue de l’occident. Les Portugais n’avaient toutefois qu’un interet modéré pour l’ile et après avoir etabli une petite base au nord, ils en repartirent vite.

Les hollandais

Les Europeens qui occuperent Taiwan ensuite furent les Hollandais. La Compagnie des Indes Orientales avait etabli une base militaire aux Penghu en 1622. L’annee suivante, ils furent deloges par les Chinois et se replierent a Taiwan. A la fin de l’annee 1624, les Hollandais debarquerent sur la cote sud-ouest de Taiwan et y entreprirent la construction du Fort Zeelandia et de la ville d’Anping (Tainan). En 1630, des marchands, des techniciens, des missionnaires aussi bien que des marins, des soldats et des officiers s’etablirent a Taiwan ou ils firent du commerce, defricherent des terres vierges, planterent des cannes a sucre, developperent la production de camphre, taxerent les Chinois deja implantes sur l’ile et convertirent les indigenes au christianisme.

La nouvelle des succes remportes par les Hollandais a Taiwan alarma les Espagnols qui se trouvaient aux Philippines : ils s’empresserent d’envoyer une flotte depuis Manille jusqu’au nord de Taiwan ou les Hollandais etaient encore presents en 1626. Les Espagnols prirent bientot le controle de l’extremite nord de l’ile, a laquelle ils donnerent le nom de Santiago. Un peu plus tard, ils abandonnerent ce site et se deplacerent dans une zone plus attrayante qu’ils appelerent Santissima Trinidad et qui est maintenant connue sous le nom de port de Keelung. Ils construisirent un fort dans ce port et le baptiserent Fort San Salvador. Au cours de l’ete de l’annee 1629, les Espagnols penetrerent dans ce qui est maintenant Tamsui. Apres l’avoir appele Castillo, ils y construisirent le Fort San Domingo. Ils etablirent en outre un gouvernement, nommerent des fonctionnaires et se preparerent a occuper durablement la colonie.

Les Hollandais qui etaient dans le sud s’efforcerent a plusieurs reprises de bouter les Espagnols hors du nord. En 1630 et en 1641, les Hollandais attaquerent Castillo et le Fort San Domingo mais en vain. Au cours de l’ete 1642, les Espagnols, menaces par une rebellion aux Philippines, furent contraints de retirer les trois quarts de leurs troupes de Taiwan. C’est alors que les Hollandais purent s’emparer de Castillo.

Apres avoir evince tous leurs concurrents europeens, les Hollandais commencerent, a partir de 1642, a consolider leur main mise sur Taiwan par le biais de la Compagnie des Indes Orientales. Le gouverneur en place etait nomme par la compagnie et pendant 38 ans, cette derniere se servit de l’ile comme centre commercial. Les autorites hollandaises avaient donne a la compagnie pleins pouvoirs en matiere de taxation des Aborigenes et des Chinois presents a Taiwan qui etaient beaucoup plus nombreux que les officiers hollandais.

L’immigration chinoise

L’implantation de Chinois a Taiwan remonte au XIIeme siecle, mais l’immigration d’une certaine ampleur n’a commence qu’a partir du XVIIeme siecle, epoque ou les Hollandais administraient l’ile. Et alors que les Hollandais etaient en train de coloniser Taiwan, la Chine traversait une periode de conflits. En 1644, le pays fut envahi par les Mandchous qui renverserent la dynastie des Ming au nord. La lutte se poursuivit pendant des annees au sud, ou les pirates japonais ne cessaient aussi de ravager les villes cotieres. En consequence, des milliers de personnes, essentiellement originaires des provinces cotieres du Fujian (Fuchien) et du Guangdong, se mirent a traverser le detroit en direction de Taiwan.

  • Cheng Cheng-Kung (KOXINGA)

Tandis que les troupes mandchoues se repandaient dans le nord, de nombreux loyalistes Ming s’enfuirent au sud ou ils resisterent pendant plus de vingt ans. L’un de ces heros de la resistance etait Cheng Cheng-kung (ou Koxinga), fils du celebre pirate Cheng Chih-lung et de sa maitresse japonaise. En 1661, Cheng Cheng-kung alla a Kinmen (Quemoy) avec ses troupes avec l’espoir de vite retourner sur le continent pour y restaurer la dynastie des Ming. S’il n’a pas reussi a realiser son reve, il est arrive a ouvrir Taiwan a un plus grand nombre de colons chinois. Un insulaire qui servait de guide aux Hollandais, un certain Ho Pin, lui avait fourni une carte indiquant les ports et les routes construits dans l’ile par les Hollandais. En 1662, Cheng Cheng-kung enleva Taiwan des mains des Hollandais et choisit Anping –actuelle Tainan– pour capitale.

  • La dynastie Ching

Cheng Ching, le fils de Cheng Cheng-kung, succeda a son pere et regna pendant vingt ans. Puis c’est son propre fils, age de 12 ans, qui fut place sur le trone. Un an plus tard, en 1683, la dynastie mandchoue envoya Shih Lang, un ancien general de Cheng Cheng-kung qui s’etait soumis a l’empereur mandchou, pour attaquer Taiwan. Les forces navales de Cheng furent defaites au large des iles Penghu et la famille Cheng se rendit sans conditions a la dynastie des Ching. C’est ainsi qu’apres avoir connu quelque deux decennies de pouvoir Cheng, Taiwan passa sous l’autorite des Ching et fut incorporee a la province du Fujian. En 1885, la dynastie des Ching fit de Taiwan la vingt-deuxieme province chinoise. L’annee suivante, Liu Ming-ch’uan fut nomme premier gouverneur de Taiwan. Il modernisa les defenses de Taiwan pour la soustraire a une agression japonaise et proceda aussi a une reforme du systeme fiscal pour la rendre financierement independante.

La colonisation japonaise

En 1895, Taiwan fut cedee au Japon conformement au traite de Shimonoseki. Des fonctionnaires mandchous presents dans l’ile tels que Tang Ching-sung et Liu Yung-fu ainsi que des notables locaux tels que Chiu Feng-chia declarerent l’independance le 25 mai 1895 et proclamerent la fondation d’une Nation democratique de Taiwan dans le but d’empecher les Japonais de s’emparer de l’ile. Une resistance armee s’organisa, principalement dans le nord de Taiwan, jusqu’au 6 juin, date a laquelle les troupes japonaises entrerent dans Taipei.

Contrairement aux Hollandais qui, au XVIIeme siecle, avaient colonise Taiwan davantage pour en retirer des benefices commerciaux immediats que pour instaurer un pouvoir politique, les Japonais privilegierent, au debut du XXeme siecle, l’instauration d’un controle politique effectif sur l’ile. Des lors, ce n’etaient pas, comme a l’epoque hollandaise, les missionnaires protestants, mais les policiers japonais qui devinrent le principal instrument de la colonisation.

Durant les cinquante annees que dura la colonisation de Taiwan par le Japon, celui-ci mena une politique destinee a approvisionner l’empire nippon en produits agricoles, a creer une demande pour les produits industriels nippons et a fournir un nouvel espace a des immigrants qui arrivaient en nombre croissant d’un pays surpeuple. En d’autres termes, le Japon ambitionnait de se transformer lui-meme en pays industriel et de faire de Taiwan une region agricole.

La colonisation japonaise peut etre, grosso modo, divisee en trois periodes. La premiere, de 1895 a 1918, a servi a etablir des structures administratives et a supprimer par des moyens militaires la resistance armee locale. Durant cette periode, les Japonais introduisirent de stricts controles policiers, lancerent un recensement des terres, unifierent les unites de mesure et la monnaie, monopoliserent la manufacture et la vente de produits importants, jeterent les bases d’un recensement de la population et entreprirent des etudes de la population indigene.

Durant la deuxieme periode, de 1918 a 1937, le Japon consolida son emprise sur Taiwan. Sa politique resida essentiellement dans l’etablissement d’une scolarite obligatoire et dans une assimilation culturelle, le developpement economique ayant quant a lui pour objectif la transformation de l’ile en une base a partir de laquelle le Japon entendait se lancer a la conquete du sud.

La troisieme periode, de 1937 a 1945, fut marquee par la politique de naturalisation des insulaires. Ceux-ci furent contraints d’adopter des noms japonais, de porter des vetements de style nippon, de s’alimenter a la maniere japonaise et d’observer les rites religieux japonais. Au cours de cette meme periode, les Japonais firent de Taiwan une zone d’industrie lourde et de commerce exterieur.

Si le Japon est parvenu a transformer Taiwan en une societe assez moderne au plan economique, en comparaison de ses voisins, il n’est pas venu a bout de la resistance que lui opposait l’ile. De nombreuses mesures ont ete prises pour brider cette resistance. L’une des plus infames fut le decret punissant les « bandits ». Selon les archives japonaises, plus de 10 000 « bandits » furent executes de 1898 a 1920. Parmi ceux-ci, figuraient notamment Lo Fu-hsing, meneur dans l’Incident de Miaoli (1913) qui avait auparavant participe au renversement de la dynastie des Ching aux cotes de Sun Yat-sen, et Yu Ching-fang, meneur dans l’Incident de Tapani (1915), la plus grande revolte qui ait eu lieu dans l’ile et au cours de laquelle plus de 10 000 insulaires perdirent la vie. Cette revolte marqua du reste un tournant dans la resistance anti-japonaise. Apres son ecrasement, la resistance armee ceda la place a des mouvements politiques qui mettaient l’accent sur l’eveil d’une conscience nationale. De nombreuses organisations politiques souterraines publiant des revues et des journaux furent actives jusqu’a la reddition du Japon, a la fin de la deuxieme guerre mondiale.

La République de Chine à Taiwan

Le 25 octobre 1945, les forces japonaises remirent Taiwan aux Allies. Conformement a la Declaration du Caire, ceux-ci placerent l’ile sous la souverainete de la Republique de Chine. C’est ainsi qu’apres avoir ete occupee a travers les siecles par les Portugais, les Hollandais, les Espagnols, les Mandchous et les Japonais, Taiwan retourna sous administration chinoise.

Avant meme le transfert, le president de la Republique de Chine, Chiang Kai-shek, avait deja nomme une commission, presidee par Chen Yi, qui en 1945 fut chargee d’administrer l’ile. Premier dirigeant de Taiwan, Chen Yi travailla de concert avec la garnison de Taiwan afin de permettre une transition sans heurts. Entre le moment ou l’empereur Hirohito annonca la reddition du Japon et celui ou l’administration de la Republique de Chine put etre mise en place, il y eut un dangereux vide politique. L’ordre public put cependant etre maintenu par une commission temporaire mise sur pied par des leaders locaux et des membres de l’intelligentsia. En fin septembre de l’annee 1945, avant que le Japon n’abdique formellement tout droit a la souverainete sur Taiwan, les troupes nationalistes arriverent a Keelung, Tsoying, Kaohsiung, Tamsui et Taipei et elles furent chaleureusement accueillies. Cependant, les premieres troupes chargees de reprendre Taiwan etaient mal entrainees et indisciplinees, les meilleures troupes etant restees sur le continent afin de lutter contre l’insurrection communiste. L’incurie du gouvernement a Taiwan crea de serieux problemes. Des opportunistes tentaient de s’arroger des avantages politiques et financiers. La contrebande etait repandue. Les insulaires, qu’il s’agisse des Taiwanais de souche ou des nouveaux arrivants en provenance du continent, supportaient mal les detournements de biens, la penurie des produits de premiere necessite, l’inflation galopante et la corruption.

C’est dans ce contexte que prit place, en 1947, l’Incident du 28 Fevrier. Le 9 mars 1947, des troupes de l’armee nationaliste debarquerent a Keelung et le 14 mars, de nombreux leaders locaux furent arretes. Parmi eux se trouvaient des proprietaires fonciers, des entrepreneurs, des medecins et des enseignants. Beaucoup furent executes tandis que quelques-uns parvenaient a s’enfuir a l’etranger. Chen Yi fut, par la suite, remplace par un dirigeant plus modere.

En 1949, les communistes lancerent une offensive sur l’ensemble du continent. Le 19 mai, la garnison de Taiwan proclama la loi martiale dans la province de Taiwan. Au debut de l’annee 1949, une force d’environ 300 000 hommes etait stationnee a Taiwan. Le gouvernement de la Republique de Chine ayant refuse de passer un compromis au sujet du programme en huit points des communistes, de violents combats eclaterent en octobre dans le Guangdong et a Amoy et, en decembre, le gouvernement nationaliste fut contraint de se replier a Taiwan.

La situation a Taiwan etait, au depart, tres precaire mais suite a l’eclatement de la guerre coreenne, a la fin juin 1950, le president americain Harry S.Truman ordonna a la 7eme Flotte de proteger Taiwan contre toute attaque des communistes chinois. Les Etats-Unis apporterent egalement une aide economique a Taiwan. Le 3 mars 1954, le ministre des Affaires Etrangeres de la Republique de Chine, George K.C. Yeh et le secretaire d’Etat americain John Foster Dulles signerent a Taipei un Traite de Defense mutuelle qui concretisait le projet de neutralisation du detroit de Taiwan. La communaute internationale etait favorable a Taiwan et la situation interieure commenca a se stabiliser. Le 23 aout 1958, les communistes chinois bombarderent l’ile de Kinmen. Ils furent repousses et, le 23 octobre 1958, les Etats-Unis et la Republique de Chine signerent un communique conjoint reaffirmant leur solidarite.

La decennie suivante a apporte une periode de relative stabilite a la Republique de Chine dont le president Chiang Kai-shek profita pour renforcer l’economie de l’ile. Une reforme agraire et une serie de plans quadriennaux lances au cours des annees 1950 et 1960 ont considerablement reduit l’inflation de la periode de guerre et rapidement accru la productivite de l’ile. Lorsque par la suite les dirigeants prirent conscience de l’etroitesse du marche insulaire, ils opterent rapidement pour une strategie d’exportation. Pays pauvre en ressources naturelles mais riche en main d’?uvre, la Republique de Chine commenca par exporter de produits manufactures. Comme beaucoup d’autres pays en voie de developpement, elle souffrait, au tout debut de son developpement economique, d’un manque de capitaux et devait dependre de l’aide americaine. Mais en 1965 l’economie taiwanaise etait si performante qu’une assistance etrangere n’etait plus utile. Lorsque le programme d’aide americain se termina, le taux d’epargne representait pas moins de 19,5% du GNP. De 1962 a 1985, la croissance economique de Taiwan avait augmente de 9,3% par an, soit un taux plus de deux fois superieur a celui enregistre durant la meme periode par les pays industrialises.

Les annees 1970 furent des annees de croissance economique continue, mais aussi de defis politiques et diplomatiques. L’economie de la Republique de Chine parvint a surmonter la recession mondiale provoquee par les deux crises du petrole, mais le contexte politique global etait en pleine mutation. A la fin de l’annee 1970, une campagne fut lancee pour empecher les Etats-Unis de transferer les iles Tiaoyutai, en meme temps que l’archipel des Ryukyu, sous souverainete japonaise. C’est alors que les Etats-Unis ont declare que « le statut de Taiwan demeurait indetermine », initiative qui annoncait un soudain changement dans les relations entre Washington et Taipei. En 1971, le president Chiang Kai-shek annonca qu’au lieu de partager un siege avec les communistes chinois, la Republique de Chine se retirerait de l’ONU. L’annee suivante, la Republique de Chine rompit ses relations diplomatiques avec le Japon lorsque celui-ci reconnut la Chine communiste, et, la meme annee, le president americain Richard Nixon se rendit en Chine continentale. Le 5 avril 1975, le president Chiang Kai-shek deceda et il fut remplace par le vice-president Yen Chia-kan.

Le 21 mars 1978, le fils de Chiang Kai-shek, Chiang Ching-kuo, fut elu president de la Republique de Chine. Il occupait ses fonctions depuis moins de huit mois lorsque, en decembre 1978, le president Jimmy Carter annonca que les Etats-Unis reconnaitraient « la Republique Populaire de Chine ». A la fin de la periode difficile des annees 70, peu d’observateurs sur la scene internationale se sont alors aventures a predire que la Republique de Chine continuerait a prosperer. Pourtant, le president Chiang Ching-kuo reussit a stabiliser la situation en lancant de grands projets d’infrastructure, en developpant des relations commerciales avec d’autres pays et en modernisant la defense de la Republique de Chine. L’?uvre la plus marquante du president Chiang est toutefois liee au fonctionnement democratique de la Republique de Chine. Peu de temps avant la crise cardiaque qui devait l’emporter le 13 janvier 1988, le president Chiang leva en effet l’etat d’urgence qui avait fourni la base legale a l’application de la loi martiale pendant plus de trois decennies.

Le successeur du president Chiang, le president Lee Teng-hui, s’engagea a poursuivre les reformes democratiques. Apres avoir pris ses fonctions, il abolit les « Dispositions provisoires en vigueur pendant la periode de la rebellion communiste » adoptees en 1948 afin de renforcer les attributions du gouvernement en periode d’instabilite. Et l’abolition de ces dispositions a permis une remise en vigueur d’un certain nombre d’articles de la Constitution de la Republique de Chine qui avaient ete geles. Par la suite, certains de ces articles furent amendes et d’autres adoptes qui ouvrirent la voie a de nouvelles reformes politiques. Ils permirent notamment des elections au suffrage universel des membres de l’Assemblee Nationale et du Yuan legislatif ainsi que du president et du vice-president de la Republique de Chine.

Les efforts en vue d’une democratisation ont porte leurs fruits ces dernieres annees. De nombreux partis politiques ont vu le jour depuis la levee en 1989 de l’interdit en la matiere. L’ensemble des membres tant de l’Assemblee Nationale que du Yuan legislatif ont ete elus au suffrage universel depuis les annees 1991 et 1992 respectivement. Le 3 decembre 1994, le gouverneur de la province de Taiwan et les maires de Taipei et de Kaohsiung ont aussi pour la premiere fois ete elus au suffrage universel. La democratie a pleinement ete realisee a Taiwan lors de la tenue, le 23 mars 1996, des premieres elections presidentielles au suffrage universel de toute l’histoire de la Chine.

La Republique de Chine est l’heritiere d’une tradition longue de plusieurs milliers d’annees. Ceux qui connaissent l’histoire de Chine comprendront que la Republique de Chine est une nation souveraine. Le degre de prosperite economique et de democratie politique dont jouit Taiwan est pourtant, d’une certaine facon, sans precedent dans l’histoire de la Chine. Le processus par lequel la Republique de Chine est parvenue a ces realisations est souvent decrit comme « une revolution tranquille ».


4 COMMENTS

  1. […] Taiwan est de fait une nation, avec son président, son gouvernement, son armée, sa monnaie, ses institutions et son peuple. Mais Taiwan est dans une situation géopolitique complexe. A la fin de la seconde guerre mondiale, en 1945, après 50 ans d’occupation japonaise, les Alliés décident que le gouvernement nationaliste chinois (KMT) de la République de Chine de Chiang Kai-shek aura l’administration de Taiwan. Des troupes chinoises arrivent alors sur l’île. En Chine, la guerre civile reprend entre les troupes de Chiang et les communistes de Mao. On connait la suite: les communistes gagnent la guerre et Mao proclame sur la place Tianannmen, à Pékin, la fondation de la République populaire de Chine, qui remplace la précédente, la République de Chine établie en 1911 par Sun Yat-sen. En pleine déroute, les troupes du KMT trouvent refuge à Taiwan, seul territoire qui était encore sous leur contrôle (voir notre article: Histoire de Taiwan) […]

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